Le mystère de l’Omer

Le mystère de l’Omer

Le mystère de l’Omer 2560 1438 MSamuel


Voyage dans le cœur de Dieu pour ces 50 jours entre Pessah et Shavuot

Dans cette période particulière de confinement que nous vivons, nous assistons à un changement de notre notion du temps, dans nos plannings mais aussi dans toute la société et au travers du monde.
Dans ce contexte, mon attention a été portée plus particulièrement sur les temps et le calendrier de Dieu.

Lorsque j’ai entendu plusieurs ministères parler du caractère particulier et unique de cette Pâque 2020, j’étais interpellée dans mon cœur pour vivre ces fêtes de Printemps, telles qu’elles sont décrites dans la Bible, dans une perspective nouvelle et plus incarnée.

J’ai récemment écouté un enseignement de Jean-Marc Thobois concernant les fêtes de l’Éternel qui m’a particulièrement parlé dans ce temps. Dans Sa Parole, Dieu donne de saintes convocations à son peuple lors de deux saisons en particulier : au printemps et en automne. Ces convocations sont notamment décrites dans les livres de l’Exode et du Lévitique. 17:1-16 

« Trois fois par an, tu célèbreras une fête en mon honneur. Tu observeras la fête des pains sans levain : pendant 7 jours, comme je te l’ai ordonné, tu mangeras des pains sans levain, au temps fixé au mois d’Aviv ; car c’est en ce mois que tu es parti d’Egypte. Personne ne se présentera devant moi les mains vides. Ensuite, la fête de la moisson, des prémices de ton travail dans les champs ; enfin, la fête de la récolte, à la fin de l’année, lorsque tu recueilleras des champs le résultat de ton travail. Trois fois par an, tous les hommes se présenteront devant le Seigneur, l’Éternel« 


La fête de Pâque ou Pessah et la présentation de la gerbe

La première fête dans le calendrier biblique est celle de Pessah au premier mois de l’année. Le peuple juif est confiné, chacun dans sa maison, en famille, alors qu’une plaie s’abat sur l’Egypte causant la mort de beaucoup. Cette année, cette fête a revêtu un sens particulier alors que, nous aussi, nous avons vécu cette Pâque confinés dans nos maisons, et que dehors, à l’extérieur, une plaie touche notre nation et toutes les nations, un virus qui cause beaucoup de morts. Le sang de Jésus prend alors une signification tangible, peut-être plus concrète que ce que l’on a pu expérimenter auparavant.

Pâque est aussi le temps, pour nous croyants en Christ, où Jésus a été crucifié et est ressuscité, temps pendant lequel nous nous rappelons l’agneau immolé qui ôte le péché du monde.

Trois jours après sa crucifixion, Jésus est ressuscité des morts et a disparu du tombeau.
Il est intéressant ici de mettre en parallèle ce temps avec l’institution de la Pâque juive telle qu’elle est définie par Dieu.

Le lendemain du Shabbat qui suit Pessah, dans Lévitique 23, Dieu donne comme instruction au prêtre de présenter dans le sanctuaire une gerbe correspondant à la première gerbe des récoltes. Cette gerbe d’orge représente la première gerbe des prémices des moissons du peuple d’Israël.

« L’Éternel dit à Moïse : « Transmets ces instructions aux Israélites : quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne et que vous y ferez la moisson, vous apporterez au prêtre la première gerbe de votre moisson. Il fera avec la gerbe le geste de présentation devant l’Éternel afin qu’elle soit acceptée, il fera le geste de présentation le lendemain du Shabbat. » (Lévitique 23 :9-11)

Qu’est-ce que cela nous dit à propos de Jésus ? Comme on le sait, toutes les saintes convocations et de façon générale, toute la Torah nous parle de Jésus. (Voir Luc 24 :44 ; Matthieu 5 :17 ; Romains 10 :4)

Paul écrit dans sa première épître aux Corinthiens : « Mais maintenant, Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts. » (1 Corinthiens 15 :20)

Le jour où devait être présentée la gerbe dans le temple était le jour « qui suivait le jour du repos », donc le jour suivant Shabbat, c’est-à-dire le dimanche.

« Depuis le jour qui suivra le jour du repos, c’est-à-dire depuis le jour où vous apporterez la gerbe à agiter, vous compterez sept semaines complètes, jusqu’au lendemain de la septième semaine ; vous compterez cinquante jours ; puis vous présenterez une nouvelle offrande de grains à l’Éternel. » (Lévitique 23 :15-16)

Or, selon la chronologie biblique, le jour où les femmes découvrent que Jésus n’est plus dans le tombeau 
correspond au lendemain du Shabbat qui suivait la fête de Pessah, c’est-à-dire un dimanche. Le Shabbat hebdomadaire ayant lieu du vendredi soir au samedi soir.

Cela signifie que le moment de la présentation de la gerbe au temple correspond au moment où la résurrection a été accomplie en Jésus, lorsque les femmes trouvèrent le tombeau vide car Jésus était déjà ressuscité. Ce dimanche est le jour où Jésus s’est révélé lui-même en tant que ressuscité, comme premier-né d’entre les morts.

Ainsi, Paul nous dit que Jésus est ressuscité comme prémices de ceux qui sont morts. Au lever du soleil, quand le grand prêtre apporte dans le temple la première gerbe et fait le geste de présentation, Jésus est ressuscité et lui-même élevé dans les lieux célestes. Le verset de l’épître aux Corinthiens prend ici une dimension forte, puisque Jésus dans sa résurrection incarne ces prémices, cette gerbe présentée dans le sanctuaire.


Le décompte de l’Omer

Cette présentation de la gerbe, prémices des moissons, introduisait un temps de 50 jours, sept semaines, que l’on appelle le temps de comptage de l’Omer, jusqu’au jour de la fête des moissons, ou fête des prémices des moissons, Shavuot. En hébreu, le mot « Omer » peut être traduit par « gerbe », dans le sens d’une unité de mesure définie en Exode 16 :36.

Un parcours s’amorce alors de Pessah à Shavuot pendant lequel on compte l’Omer, et qui va être déterminant pour la moisson.

Ce temps de présentation de la gerbe est un temps réservé, comme le dit la Parole, au moment où le peuple d’Israël sera entré « dans le pays que [l’Éternel leur] donne » et au moment où il y fera la moisson (Lévitique 23 :10). Ces prémices sont donc attachées à la moisson du pays promis.

Dans le livre du Deutéronome, sept espèces du pays de Canaan, sont énumérées par Dieu (Deutéronome 8 :7-9). Ces sept espèces sont le froment, l’orge, la vigne, le figuier et le grenadier, l’olivier et le miel : des céréales d’abord et aussi des fruits, cela aura un sens par la suite.
L’orge est la première espèce qui arrive à maturité. Jean-Marc Thobois explique qu’ainsi, selon la culture juive, c’est une gerbe d’orge qui est la première gerbe des moissons devant être présentée par le prêtre le lendemain du Shabbat de Pessah.

S’agissant des six autres espèces du pays de Canaan, ce temps de 50 jours est un temps dans lequel leur sort va être déterminé. Elles seront en effet offertes en offrande avec l’orge comme prémisses des moissons pour Shavuot. Jean-Marc Thobois parle d’un temps de jugement de ces espèces où leur sort va être jugé jusqu’au temps de la fête des moissons.


De Pessah à Shavuot : un temps de jugement, de prière et d’examen de soi

Ces sept espèces vont ainsi être testées pendant cette période entre Pessah et Shavuot, puisque ces sept semaines seront déterminantes pour l’offrande des prémices des récoltes offerte le jour de Shavuot.

Leur sort est notamment déterminé par l’action successive de deux vents : le vent du Nord et le vent du Sud.
Le vent du Nord est un vent froid qui apporte les dernières pluies de printemps. Il est indispensable pendant la première période de ces sept semaines de l’Omer afin que les moissons arrivent à maturité.
La deuxième période nécessite qu’un vent du Sud arrive. Ce vent sec et chaud est en effet indispensable pour que les olives, par exemple, arrivent à maturité. Les céréales ont besoin d’un vent froid dans un premier temps et les fruits ont besoin du vent chaud du Sud.

Or, ces éléments naturels sont des éléments sur lesquels l’homme n’a aucune prise. La seule chose que l’agriculteur puisse faire est de prier.

De plus, le vent en hébreu correspond au mot « Ruah » qui signifie aussi « Esprit ». On se réfère souvent à l’Esprit de Dieu quand on parle du vent. Et la fête de Shavuot, pour nous croyants en Christ, correspond au temps où Jésus le ressuscité envoie Son esprit et souffle Son esprit sur ses disciples. Ce jour-là, un vent violent remplit toute la maison où les disciples étaient réunis et ceux-ci sont alors remplis du Saint Esprit  (Actes 2). Jésus, quand il parlera de la nouvelle naissance à Nicodème lui dit qu’un homme ne peut entrer dans le Royaume de Dieu « à moins qu’il ne naisse d’eau et d’Esprit. » (Jean 3 :5) Et il ajoute à ce moment-là cette affirmation : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. »

Si nous sommes nés de l’Esprit, nous devons apprendre à discerner le vent, c’est-à-dire l’Esprit, dans nos vies et apprendre à écouter là où Il nous conduit.

Au sens biblique, cette période de l’Omer est donc particulière car c’est une période de prière. Et aussi une période d’angoisse où on ne peut pas pleinement se réjouir car nous sommes dans ce temps d’attente, de jugement et de détermination de la moisson qui arrive.

L’équilibre délicat de ces deux vents, du Nord et du Sud, est incarné dans le Tabernacle. Dans Exode 26 (v. 35), il est écrit qu’au Nord du tabernacle était placée la table des pains de la face de Dieu, et au Sud, le chandelier avec les sept lampes. Dans la table des pains, on voit le besoin du vent du Nord car le pain est fait de céréales. Dans le chandelier, on voit le besoin du vent du Sud car on y fait brûler de l’huile qui est produite par les olives. 

Ceci est aussi une représentation de l’importance de l’équilibre entre le pain de la Parole de Dieu et l’huile de l’Esprit avec les sept esprits de Dieu représentés par les sept lampes du chandelier.

Jean-Marc Thobois explique que dans la culture juive, cette période de l’Omer était si importante que toute l’année, le peuple priait pour l’équilibre entre les deux vents. Seules ces sept espèces du pays de Canaan pouvaient servir pour ces prémices qui étaient ensuite offertes pour la fête de Shavuot.

Le fait même de placer la table au Nord dans le Tabernacle était une prière. Dans la culture juive, le naturel et le spirituel ne sont pas séparés.

Se placer devant Dieu de cette manière c’était reconnaître qu’on était dépendant de Lui. Que cette moisson c’est le don de Dieu.

Or, Dieu attache les promesses de bénédiction du pays à l’attitude du peuple et le positionnement de son cœur. Les vents, les pluies nécessaires à la fertilité, le rendement et l’abondance du pays viendront si le peuple dispose son cœur à écouter et observer les commandements de Dieu.

« C’est pourquoi, si vous écoutez attentivement les commandements que je vous donne aujourd’hui, pour aimer l’Éternel, votre Dieu, et le servir de tout votre cœur et de tout votre être, je donnerai à votre pays la pluie en sa saison, y compris les premières pluies d’automne et les dernières pluies de printemps ; ainsi vous pourrez ramasser votre blé, votre vin nouveau et votre huile d’olive, et je donnerai de l’herbe à vos champs pour votre bétail ; et vous mangerez, et vous serez rassasiés. » (Deutéronome 11 : 13-15)

Ces sept semaines d’angoisse et sept semaines de prière correspondent donc à une période pendant laquelle le peuple d’Israël doit s’examiner parce que l’exaucement de la prière dépend de son état spirituel. Cela dépend de l’état du cœur, c’est un temps d’examen du peuple.

Ces sept semaines entre les prémices et la moisson sont ainsi déterminantes et cela nous parle de ce que nous vivons aujourd’hui.

Il y a donc une dimension agricole de l’Omer ET une dimension spirituelle car la bénédiction de Dieu et la prospérité dépendent de l’observation de Ses commandements.

 

Alors que nous prions aujourd’hui pour vivre une Pentecôte puissante, un déversement du Saint-Esprit extraordinaire et une moisson des âmes abondante, nous sommes appelés à prier pendant ce temps de 50 jours. Nous sommes appelés à nous examiner, à juger où nous en sommes dans notre marche avec 
le Seigneur, dans notre obéissance à Ses commandements dans nos vies ; de la même manière que le peuple juif le faisait dans ce temps de l’Omer. Car cette moisson dépendra aussi de l’état de cœur de Son corps, de Son peuple racheté. Car Dieu juge Son peuple en premier. Si nous voulons accueillir ce temps de moisson et de salut pour lequel nous prions tant, soyons prêts à vivre ce temps de jugement pour nous, de réexamen par le Seigneur de nos cœurs, afin qu’Il envoie le vent et la pluie dans Sa saison, et que la récolte soit grande et bonne ! Laissons le vent de l’esprit, vent froid et humide du Nord, et vent chaud et sec du Sud, venir faire son œuvre en nous, afin que nous portions du fruit, afin que nous grandissions en maturité et afin d’être prêts pour la moisson.

Ce temps de l’Omer est un temps décisif, alors que nous sommes confinés dans nos maisons, et que notre emploi du temps a été chamboulé, laissons l’Esprit venir nous sonder, et laissons-le nous transformer. Prions encore plus pour ce temps de Shavuot, de la moisson, afin que nos cœurs soient prêts pour ce déversement du Saint-Esprit et ce temps de récolte, de moisson des âmes et de salut. 


Des cœurs préparés et unis pour la moisson et le don de l’Esprit

Au moment de la Pentecôte, il est écrit qu’environ 3000 personnes donnèrent leur vie à Jésus (Actes 2 :41). Ce nombre est significatif au jour de la Pentecôte car il vient racheter le temps de la première période de Shavuot dans le désert du Sinaï. Rappelons-nous que Shavuot, qui est la fête des semaines  en lien avec la moisson, est aussi dans la tradition juive, la fête où l’on célèbre le don de la Torah, la loi, à Moïse au Mont Sinaï. Or, ce premier don de la Torah commémoré à Shavuot n’a pas été vécu conformément à la volonté de Dieu. Le peuple s’était en effet détourné des lois de Dieu et s’était fait un veau d’or alors que Moïse rencontrait Dieu sur la montagne. À la suite de cet évènement, 3000 personnes périrent (Exode 32 :28). Ce même nombre de morts sera racheté à la Pentecôte par 3000 nouvelles naissances alors que les disciples ont accueilli le vent du Saint-Esprit et que leur cœur était disposé pour la moisson. La moisson des récoltes est aussi un signe prophétique annonçant la moisson des cœurs.

Ainsi, ce temps de Shavuot, ce temps de l’Omer, a trouvé un rachat en Jésus, en ce que les disciples ont attendu et persévéré dans la prière et dans l’unité jusqu’à ce qu’ils reçoivent ce que le Messie leur avait promis. Ils ne sont pas tombés dans l’idolâtrie, ne se sont pas détournés de Dieu, mais il est écrit qu’au contraire, « tous, d’un seul cœur, se consacraient à la prière » (Actes 1 : 14).

 

Comme cette fête de Pâque et Pessah a été d’une nouvelle manière incarnée dans nos vies, vivons ce temps de l’Omer de la même façon, réelle et incarnée dans nos vies. Prions pour la moisson des cœurs, et aussi pour notre propre état spirituel. Laissons le Seigneur travailler nos cœurs pour entrer dans ce temps de maturité et de récolte, afin que nous puissions recevoir ce qu’Il a pour nous en ce temps. Soyons dans l’unité, consacrés tous ensemble dans la prière.

C’est en effet ce qu’il se passe à travers toutes ces initiatives nationales et internationales dans l’unité et la prière du corps du Christ. Attendons-nous à une moisson mûre, abondante et bonne. De même, soumettons-nous à Dieu et au vent de Son esprit qui vient sonder les cœurs.

Amen

A. L.